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Réforme Airbnb en France : ce qui change vraiment pour les propriétaires

La loi Le Meur, promulguée en novembre 2024, a radicalement modifié les règles de la location touristique meublée. Abattements fiscaux réduits, pouvoir accru des maires, enregistrement généralisé — voici ce que vous devez savoir pour rester dans les clous et continuer à optimiser vos revenus.

Salle de bain en travertin avec baignoire encastrée — appartement premium Paris

Attention : les informations contenues dans cet article reflètent l'état de la réglementation au premier semestre 2026. La législation sur la location touristique évolue rapidement — consultez un conseiller fiscal pour votre situation personnelle.

Contexte : pourquoi cette réforme ?

Depuis plusieurs années, les grandes villes françaises — Paris en tête — se plaignent de la raréfaction des logements disponibles pour les résidents permanents, en partie attribuée à la multiplication des meublés touristiques. Face aux pressions des élus locaux et de certaines associations de défense du logement, le gouvernement a fini par légiférer.

La loi Le Meur (du nom de la rapporteure du texte, Annaïg Le Meur) a été adoptée en novembre 2024. Elle touche principalement trois domaines : la fiscalité, les pouvoirs des communes et l'encadrement des plateformes.

Chronologie des mesures clés

1
Novembre 2024
Promulgation de la loi Le Meur
Le texte est définitivement adopté. Les mesures fiscales s'appliquent dès les revenus 2023 (déclaration 2024).
2
Janvier 2025
Nouveaux abattements fiscaux en vigueur
L'abattement micro-BIC pour les meublés de tourisme non classés passe de 50% à 30%. Les meublés classés passent de 71% à 50%.
3
Mi-2025
Enregistrement obligatoire généralisé
Tout meublé touristique doit désormais disposer d'un numéro d'enregistrement obtenu en mairie, affiché sur toutes les annonces en ligne.
4
2026
Pouvoirs renforcés des communes
Les maires peuvent désormais abaisser le plafond de nuitées en résidence principale de 120 à 90 jours/an dans les zones tendues, et instaurer des quotas de meublés touristiques par quartier.

L'impact fiscal en détail

C'est le changement le plus immédiat pour les propriétaires. Le régime micro-BIC permettait jusqu'ici de bénéficier d'un abattement forfaitaire généreux sur les revenus déclarés. La loi Le Meur l'a sérieusement rogné :

Type de bien Abattement avant loi Le Meur Abattement après loi Le Meur Évolution
Meublé de tourisme non classé 50% 30% − 20 pts
Meublé de tourisme classé 71% 50% − 21 pts
Chambre d'hôtes 71% 71% Inchangé
Location nue (longue durée) 30% 30% Inchangé
Bail mobilité (meublé non touristique) 50% 50% Inchangé

Conséquence concrète : un propriétaire qui déclare 20 000€ de revenus Airbnb en micro-BIC (non classé) paiera des impôts sur 14 000€ au lieu de 10 000€ auparavant. L'écart peut représenter plusieurs centaines d'euros d'impôts supplémentaires selon votre tranche marginale.

Faut-il passer au régime réel ?

Avec la réduction des abattements, le régime réel d'imposition devient plus attractif pour de nombreux propriétaires. Il permet de déduire les charges réelles :

Pour un appartement parisien acheté 500 000€, l'amortissement annuel (sur 30 ans pour les murs + 7 ans pour le mobilier) peut générer 15 000 à 20 000€ de charges déductibles par an — souvent suffisant pour ramener la base imposable à zéro ou presque.

L'enregistrement obligatoire : ce qu'il faut faire

Depuis 2025, tout propriétaire qui loue son bien en meublé touristique doit obtenir un numéro d'enregistrement auprès de sa mairie. Ce numéro doit apparaître sur toutes les annonces (Airbnb, Booking, Abritel…).

La procédure est en général simple :

  1. Déclaration en ligne sur le portail de la mairie (ou en préfecture selon les communes)
  2. Fourniture des justificatifs d'identité et de propriété
  3. Obtention immédiate (ou sous quelques jours) du numéro à 13 chiffres
  4. Intégration du numéro dans vos annonces sur toutes les plateformes

Les plateformes sont tenues de bloquer les annonces sans numéro valide dans les communes qui l'imposent. Airbnb et Booking appliquent déjà ce filtre sur Paris, Lyon, Bordeaux et Nice.

Le plafond de 90 jours : qui est concerné ?

La loi permettait déjà aux communes de zones tendues d'abaisser le plafond de location de la résidence principale de 120 à 90 jours. La loi Le Meur a élargi la liste des communes habilitées et simplifié la procédure pour les maires.

Important : ce plafond de 90 ou 120 jours ne concerne que la résidence principale. Pour une résidence secondaire (bien que vous n'habitez pas), il n'y a pas de plafond légal de nuitées au niveau national — mais certaines communes peuvent instituer des quotas ou des zones de régulation.

Comment s'adapter et rester rentable

Face à ces changements, plusieurs stratégies permettent de maintenir la rentabilité :

1. Opter pour le régime réel

Comme mentionné, le régime réel est souvent plus avantageux dès 15 000€ de revenus annuels. Un expert-comptable spécialisé LMNP peut modéliser les deux scénarios en 30 minutes.

2. Faire classer son meublé

Un classement "meublé de tourisme" (1 à 5 étoiles, délivré par Atout France ou un organisme accrédité) conserve un abattement de 50% en micro-BIC — contre 30% pour le non-classé. Le processus coûte entre 100 et 300€ et se fait en quelques semaines.

3. Diversifier avec le bail mobilité

Pour les périodes creuses ou les biens qui dépassent le plafond de nuitées en résidence principale, le bail mobilité offre une alternative fiscalement neutre (abattement 50% inchangé) et moins contraignante opérationnellement.

4. Travailler avec une conciergerie professionnelle

Dans un environnement réglementaire plus complexe, déléguer à une conciergerie professionnelle permet de concentrer la gestion administrative, fiscale et opérationnelle en un seul point — tout en maximisant les revenus nets.

Votre bien est-il encore optimisé ?

Estimez votre potentiel de revenus nets après réforme, et voyons comment adapter votre stratégie.

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